BOUGEZ, TABARNAK!

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) vient tout juste de sortir un nouveau rapport sur le taux d’inactivité physique de la population à l’échelle planétaire. Et devinez quoi, ce n’est pas vrai que rien ne change… ça empire.

Alors l’OMS sonne l’alarme.

Encore.

Vous savez qui d’autre sonne l’alarme ? Tous mes amis qui travaillent dans le domaine de la santé. Eux aussi répètent sans cesse le même putain de message.

« Bougez, tabarnak ! »

Je paraphrase, mais l’esprit est respecté.

En vain, car eux aussi confirment que la situation s’aggrave dans leurs salles d’urgence ou leurs cliniques, pour toutes les strates de la société, tous âges confondus.

Malgré la science, malgré les évidences, l’humain riche et moderne bouge moins, choisissant ainsi de jouer à la roulette russe avec sa santé… et celle du système qui tentera d’amoindrir ses maux.

Que faire ?

Je n’aime pas me plaindre d’une situation sans au moins suggérer une solution, ou minimalement lancer une idée. Mais là, étant tout en bas de l’échelle, loin derrière l’OMS, tout petit comparé aux médecins qui sauvent des vies, n’étant même pas un influenceur fitness digne de ce nom, mes options sont limitées.

De ma banlieue sud-montréalaise, je publie quelques extraits vidéo de mes entraînements, filmés en format vertical (que j’exècre) et sous forme de reel (que j’abhorre). Ce faisant, j’espère donner l’exemple, malgré les limites de cette approche. D’après les statistiques anémiques de mes publications Facebook et Instagram, je pense que les algorithmes ne m’aiment pas. C’est réciproque.

Mes articles de blog ne touchent pas grand monde non plus. L’écrit n’est plus à la mode. Inviter les gens à faire un effort non plus, d’ailleurs.

Vous voulez savoir ce qui a un succès fou sur les réseaux sociaux ? Les articles qui laissent sous-entendre que le sport, ça pourrait être mauvais pour la santé, finalement. Parfois. Sous certaines conditions. Ce n’est pas impossible. On ne sait pas vraiment.

Comme cet article catastrophique sorti il y a quelques années : Quand le cœur sportif flanche (28 novembre 2021, Yves Boisvert, La Presse). On commence avec des anecdotes dramatiques sans valeur scientifique mais riches en émotions, on poursuit avec des inquiétudes dispersées, on parle d’excès sans jamais définir cette quantité ni même sa réalité, on conclut en mentionnant que les sportifs vieillissent et meurent.

Rien, du vide. Mais le mal était fait : ce texte a été partagé à outrance, commenté à l’infini, presque exclusivement par des sédentaires qui se félicitaient de NE RIEN FAIRE et donc DE N’AVOIR AUCUN RISQUE de mourir en FAISANT DU SPORT.

On voudrait détruire en quelques mots des centaines d’initiatives éduquant la population aux bienfaits absolument incomparables de l’activité physique qu’on ne s’y prendrait pas autrement.

Donc, que faire ? Je ne sais plus, ni moi ni personne, à en croire les données alarmantes de l’OMS.

Pour ne pas perdre totalement espoir, je m’accroche à ces rares épisodes positifs, comme celui qui m’est arrivé il y a quelques jours seulement, alors qu’Anne et moi étions attablés sur la terrasse du Toltèk à Boucherville, avec vue sur nos vélos et un pichet de bière Cantarito sour.

« Excusez-moi de vous déranger, mais c’est grâce à vous si j’ai commencé à courir. »

« Oh, eh bien, merci. »

« En plus, j’avais vos deux livres dans ma voiture jusqu’à il y a deux jours ! Si j’avais su, je les aurai laissés pour vous les faire dédicacer. »

Santé !

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6 réflexions sur “BOUGEZ, TABARNAK!

  1. Je comprends ton désarroi mais sois rassuré, ton influence est bien intégré dans ma routine. Et comme au suivant, j’influence des gens dans mon entourage. Alors désespère pas, on réussira pas tous à les faire bouger, mais on laisse des traces, c’est certain. Bonne Année 2025 en forme avec ta complice Anne.🙂

  2. C’est fou quand même! Juste avant d’aller «zwifter»un p’tit 5k, j’ouvre votre courriel. Drôle d’adon!!! Je le lis et ça vient me confirmer à quel point j’avais raison d’enfiler mes espadrilles. J’ai lu vos livres à tous les deux, je les ai adorées. Inspirants!!!

    • Commettre une erreur d’accord de participe passé, ça me met aussi en «TAB…» Je disais donc que j’ai lu vos livres et les ai adorés.

  3. Sache que tu as été une source d’inspiration pour moi à mes débuts dans le monde du trail running. Continue de partager avec nous ta passion pour un mode de vie actif car je suis certaine que tu touches encore énormément de gens.

    Santé!

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